Votre enfant doute de son orientation ? C'est normal !
Le parcours de l'orientation est rarement une ligne droite. Même après un baccalauréat obtenu avec brio, une classe préparatoire et l'intégration d'une grande école, le doute peut s'installer. C'est l'expérience qu'a vécue Doriane Seuret, aujourd'hui épanouie dans ses études d'ingénieure à l'ENSGSI de Nancy. Après sa première année, une question la taraudait : à quoi servent vraiment tous ces cours théoriques ? Une angoisse que de nombreux parents et étudiants reconnaîtront.
« Je trouvais les enseignements intéressants, mais je ne voyais pas concrètement en quoi ils nous apportaient quelque chose », confie-t-elle. Cette déconnexion entre la théorie et la pratique l'a fait hésiter à s'engager dans un apprentissage de deux ans. Sa solution ? Une année de césure.
L'année de césure : bien plus qu'une simple pause
Contrairement à une idée reçue, l'année de césure n'est pas une année de perdue. C'est une pause encadrée et autorisée par l'établissement, qui permet à l'étudiant de suspendre sa formation pour vivre une autre expérience : stage en entreprise, projet humanitaire, voyage à l'étranger... C'est un véritable outil au service de la maturation d'un projet professionnel.
Pour Doriane, cette pause a pris la forme de plusieurs expériences professionnelles à l'étranger, notamment à Toronto et à Lausanne, dans le secteur du génie civil. Un choix qui allait changer sa perception de ses études.
La révélation : quand le terrain donne du sens aux études
C'est en étant confrontée à la réalité du monde du travail que Doriane a eu un déclic. « J’ai vu des ouvriers faire leur mélange à base de colle isolante à même la terre, sans se soucier des infiltrations dans le sol. J’ai vu des ponçages de surface rejetant des microbilles en plastique dans l’air... », raconte-t-elle. C'est à ce moment précis que tout s'est éclairé : « Là, j’ai compris mes cours de première année. »
Des notions qui lui semblaient abstraites comme le management de projet, l'analyse de défaillance ou la RSE (Responsabilité Sociétale des Entreprises) sont devenues soudainement concrètes et essentielles. Elle a compris l'impact direct de son futur métier et a trouvé le domaine qui la passionnait : aider les entreprises à intégrer les enjeux environnementaux dans leur stratégie.
Un projet affiné, une motivation retrouvée
Forte de cette expérience, Doriane est revenue à l'école avec une vision claire et une motivation décuplée. Elle a pu s'engager sereinement dans un contrat d'apprentissage de deux ans chez Colas, un grand groupe de construction. Sa mission ? Mettre en place un plan d'action pour la gestion de la poussière et du bruit dans les carrières du groupe. Un projet concret, porteur de sens, et directement issu des réflexions de son année de césure.
Nos conseils pour les parents
L'histoire de Doriane est riche d'enseignements. Si votre enfant exprime des doutes sur son orientation, même s'il est dans une filière d'excellence, voici quelques pistes :
- Écoutez ses doutes : Ne balayez pas ses inquiétudes. Un sentiment de décalage entre la théorie et la pratique est légitime et fréquent.
- Présentez la césure comme une opportunité : Ce n'est pas un échec, mais un investissement. Une année pour mûrir, gagner en compétences et en confiance est souvent plus bénéfique que de poursuivre des études sans conviction.
- Encouragez l'expérience concrète : Stages, jobs d'été, bénévolat... Toute immersion dans le monde professionnel aide à donner du sens à la formation et à affiner ses choix.
- Rassurez-le (et vous-même) : Mieux vaut prendre le temps de se poser les bonnes questions pour trouver la bonne voie, plutôt que de foncer tête baissée dans une direction qui ne mènera qu'à la démotivation ou à une réorientation plus tardive.