Après le Covid, des parcours d'orientation reconfigurés
Parents, vous vous en souvenez certainement. Il y a maintenant plus de quatre ans, la crise du Covid-19 bouleversait nos vies et, surtout, le quotidien de nos enfants. Entre les cours à distance et l'isolement, le parcours scolaire des lycéens et étudiants a été profondément marqué. Une étude récente de l'Institut national d'études démographiques (Ined) vient confirmer ce que beaucoup d'entre vous pressentaient : les effets de cette période ne sont pas anodins et continuent d'influencer l'orientation et la réussite des jeunes. Mais pas de panique ! Comprendre ces défis est la première étape pour y répondre efficacement.
Quels sont les impacts concrets sur les choix d'orientation ?
Au-delà du constat général, il est essentiel de comprendre les mécanismes en jeu. Voici les trois principaux points de vigilance que nous identifions chez les jeunes que nous accompagnons :
- Des lacunes académiques à identifier : L'enseignement à distance n'a pas eu la même efficacité pour tous. Selon l'environnement familial, l'accès au matériel ou la capacité d'autonomie, certains élèves ont accumulé des retards. Ces "trous dans la raquette" peuvent aujourd'hui compliquer la réussite dans des filières sélectives du supérieur.
- Une maturité et un projet d'avenir bousculés : Comment se projeter dans l'avenir quand le présent est si incertain ? L'absence de stages, de salons d'orientation en présentiel ou d'échanges informels a privé de nombreux lycéens de précieuses occasions de mûrir leur projet. Cela a pu générer de l'anxiété et des choix d'orientation plus "par défaut" que "par conviction".
- Un rapport aux études et au social différent : Pour beaucoup, la période Covid a été synonyme d'isolement. Arrivés dans l'enseignement supérieur, certains étudiants ont eu du mal à créer du lien, à travailler en groupe ou simplement à s'intégrer, des compétences pourtant cruciales pour s'épanouir et réussir.
En tant que parent, comment accompagner votre enfant ?
Face à ce tableau, votre rôle est plus que jamais essentiel. Loin de l'idée de mettre la pression, il s'agit d'accompagner avec bienveillance et pragmatisme. Voici quelques pistes concrètes :
- Ouvrir le dialogue, sans jugement : Votre enfant doute de son orientation ? Il se sent dépassé par le rythme ? Écoutez-le. Validez ses ressentis qui sont légitimes au vu du contexte. La première étape est de lui permettre d'exprimer ses craintes et ses envies.
- Faire le point sur les acquis (et les manques) : Aidez-le à faire un bilan objectif de ses forces et faiblesses. Si des lacunes sont identifiées, des solutions existent : soutien scolaire, cours en ligne, stages de remise à niveau... L'important est de dédramatiser et de passer à l'action.
- Rappeler que rien n'est figé : Un choix fait sur Parcoursup en pleine pandémie n'est pas une condamnation. Le système français est riche en passerelles et en possibilités de réorientation. Se tromper fait partie de l'apprentissage et peut ouvrir vers des voies plus adaptées.
- Valoriser les compétences cachées : La crise a aussi permis de développer des qualités précieuses : l'autonomie, la débrouillardise, une grande agilité avec les outils numériques. Aidez votre enfant à prendre conscience de ces atouts et à les valoriser.
La génération qui a vécu le lycée et le début des études supérieures pendant la pandémie fait face à des défis uniques. Mais elle a aussi développé une résilience particulière. Votre soutien, votre écoute et votre capacité à leur montrer que des solutions existent sont leurs meilleurs atouts pour transformer ces épreuves en force. Si vous vous sentez démunis, n'hésitez pas à vous faire aider par un professionnel de l'orientation, qui pourra apporter un regard extérieur et des outils adaptés pour construire un avenir serein et choisi.