« Ne PAS formuler de vœux qu’on ne souhaite pas » : la règle d'or de Parcoursup
Chaque année, à l'approche de l'ouverture de Parcoursup, la même angoisse étreint de nombreux parents et lycéens : faut-il remplir les 10 vœux à tout prix pour "assurer ses arrières" ? Récemment, un recteur d'académie a rappelé une vérité fondamentale, un conseil que nous, chez Bilan Orientation, ne cessons de répéter : la pire erreur est de formuler des vœux par dépit ou par peur de la page blanche.
Mais pourquoi cette consigne est-elle si importante ? Décryptons ensemble les mécanismes de la plateforme pour transformer cette période stressante en un véritable tremplin pour l'avenir de votre enfant.
Comprendre l'effet domino d'un "vœu de remplissage"
Parcoursup n'est pas une simple liste de souhaits. C'est un système dynamique où chaque réponse de votre part a des conséquences directes. Imaginez ce scénario très courant :
- Votre enfant rêve d'intégrer une licence de Droit à Lyon (vœu n°1) mais est sur liste d'attente.
- Pour se rassurer, il a ajouté une licence de Droit dans une ville bien moins désirée (vœu n°7), où il est moins difficile d'entrer.
- Dès les premiers jours, il reçoit une proposition d'admission pour ce fameux vœu n°7.
C'est là que le piège se referme. En acceptant cette proposition (même en la mettant "en attente"), il bloque une place. S'il l'accepte définitivement par peur de n'avoir rien d'autre, il renonce automatiquement à tous ses vœux en attente, y compris son rêve d'étudier à Lyon qui aurait pu se débloquer quelques jours plus tard ! Un vœu formulé est un engagement potentiel. S'il est accepté, la plateforme considère que le projet convient à votre enfant.
Le véritable coût des vœux non désirés
Ajouter des formations "au cas où" n'est pas une stratégie sans risque. Au contraire, cela peut engendrer :
- Une perte de temps et d'énergie : Chaque vœu demande de rédiger un "projet de formation motivé". Mieux vaut consacrer ce temps à peaufiner les candidatures pour les filières qui comptent vraiment.
- Un stress inutile : Gérer une proposition d'admission pour une filière non souhaitée est une source d'anxiété supplémentaire durant une phase déjà tendue.
- Le risque d'une mauvaise orientation : Se retrouver dans une formation par défaut est la première cause de démotivation et d'échec en première année d'études supérieures.
Notre méthode : construire une liste de vœux intelligente et sereine
Alors, comment faire ? La solution n'est pas de limiter drastiquement le nombre de vœux, mais de s'assurer que chaque vœu formulé correspond à un projet réel et réfléchi. Voici notre approche en 3 points :
- Privilégier la qualité à la quantité : 6 ou 7 vœux mûrement réfléchis, pour lesquels votre enfant a consulté les "attendus", participé aux journées portes ouvertes et s'est projeté, valent bien mieux que 10 vœux remplis à la hâte.
- Explorer et diversifier : La clé est d'élargir le champ des possibles avec des formations cohérentes. Pensez à varier les types de diplômes (Licence, BUT, BTS, CPGE...) ou les établissements (universités, IUT, lycées...) autour d'un même domaine d'intérêt.
- Ne pas oublier la phase complémentaire : Rassurez votre enfant ! S'il ne reçoit aucune proposition en phase principale, la phase complémentaire (à partir de juin) permet de formuler de nouveaux vœux sur les places restées vacantes. C'est un véritable filet de sécurité, bien plus efficace qu'un vœu de remplissage.
En conclusion, le conseil du recteur est frappé au coin du bon sens. Parcoursup est un outil au service du projet de votre enfant, et non une loterie où il faut cocher le plus de cases possible. En l'accompagnant dans une réflexion approfondie sur ses envies et ses compétences, vous lui donnerez les meilleures chances de trouver la voie qui lui correspond vraiment.