L'orientation, un marathon pour les familles
Chaque année, en début d'année, les salons d'orientation fleurissent partout en France. Récemment, le forum de Tours a accueilli des milliers de jeunes et leurs parents, tous en quête d'informations pour l'après-bac. Une phrase, captée par un journaliste, résume parfaitement l'état d'esprit de nombreux lycéens : "Je songe à l’étranger si mes choix ne sont pas acceptés". Cette petite phrase révèle une angoisse bien réelle face à Parcoursup, mais aussi une formidable ressource : l'anticipation.
En tant que parents, vous êtes en première ligne pour accompagner votre enfant dans ce qui ressemble parfois à un parcours du combattant. Loin d'être un aveu d'échec, penser à un "plan B" est aujourd'hui une démarche pragmatique et intelligente. Voyons comment transformer cette inquiétude en une stratégie sereine et constructive.
Pourquoi les salons d'orientation restent incontournables
Avant de parler de plan B, rappelons l'importance de bien construire son plan A. Des événements comme le forum de l'orientation sont des mines d'or. Ce n'est pas seulement un lieu où l'on collecte des brochures, c'est une occasion unique de :
- Dialoguer en direct : Votre enfant peut poser ses questions à des étudiants et des enseignants, obtenant des réponses plus authentiques que sur un site web.
- Découvrir des métiers inattendus : En se promenant dans les allées, on peut tomber sur des filières ou des entreprises auxquelles on n'aurait jamais pensé.
- Concrétiser les projets : Rencontrer des professionnels permet de se faire une idée plus juste de la réalité d'un secteur (bâtiment, agriculture, industrie, etc.).
- Ressentir l'ambiance : Chaque école, chaque formation a sa propre "culture". Un contact humain donne un premier aperçu.
Encouragez votre enfant à y aller avec un esprit ouvert. L'objectif n'est pas de repartir avec une décision finale, mais avec de nouvelles pistes et des contacts utiles.
Transformer le "plan B" en une stratégie d'orientation intelligente
L'idée de ne pas être accepté dans ses vœux prioritaires est stressante. Mais le système est ainsi fait qu'il est crucial d'avoir plusieurs cordes à son arc. Voici comment aider votre enfant à construire des alternatives solides, sans que cela ne soit vécu comme un second choix dévalorisant.
1. Diversifier les vœux au sein de Parcoursup
Le "plan B" commence à l'intérieur même de Parcoursup. La clé est de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier. Pensez à varier :
- Les types de formations : Mixez les vœux entre des filières sélectives (CPGE, BUT, certaines licences) et des filières non sélectives (la plupart des licences universitaires).
- Les statuts : Une même formation peut être proposée en cursus initial classique ou en alternance. L'alternance est une excellente voie vers l'emploi, souvent moins demandée au départ.
- La géographie : Regardez les formations similaires dans des académies moins tendues. Une licence de droit à Poitiers est aussi qualitative qu'à Bordeaux, mais peut-être plus accessible.
2. Explorer le monde "hors Parcoursup"
Parcoursup n'est pas l'unique porte d'entrée vers le supérieur ! De nombreuses formations de qualité recrutent via leurs propres concours ou sur dossier. C'est un excellent plan B (ou même A !).
- Les écoles spécialisées : Écoles de commerce, d'ingénieurs, d'art, de communication, de journalisme... Beaucoup ont des calendriers d'admission indépendants.
- Les formations à l'étranger : Comme le jeune homme de l'article, de plus en plus d'étudiants se tournent vers l'Europe (Belgique, Suisse, Irlande...) ou le Canada. Les processus sont différents et peuvent être une alternative très enrichissante.
- Le Service Civique ou une année de césure : Si le projet n'est pas mûr, une pause constructive peut être la meilleure des options pour gagner en maturité et affiner ses choix pour l'année suivante.
Notre conseil de pro :
L'orientation n'est pas une course où seule la première place compte. L'objectif est de trouver la formation où votre enfant pourra s'épanouir et construire son avenir. En dédramatisant l'éventualité d'un refus et en préparant des alternatives crédibles, vous lui offrez le plus beau des cadeaux : la sérénité et la confiance en ses capacités à rebondir. Votre rôle est de l'accompagner, de l'écouter et de l'aider à explorer toutes les options, car des chemins vers la réussite, il en existe des centaines.