L'actualité comme point de départ : pourquoi en parle-t-on ?
Chers parents, vous avez peut-être vu passer cette information : la banque Société Générale est visée par une plainte pour avoir posé des questions sur l'orientation sexuelle de candidats à des postes internationaux. Au-delà du cas spécifique de cette grande entreprise, cette actualité est une excellente occasion de parler d'un sujet crucial avec vos enfants qui préparent leur entrée dans le monde du travail : les règles de l'entretien d'embauche et la discrimination.
Loin de vouloir être alarmiste, notre rôle est de vous donner, à vous et à vos jeunes, les clés pour aborder ces situations avec sérénité et confiance. Car oui, la loi protège très clairement les candidats !
Ce que la loi dit : les compétences, et rien que les compétences
En France, le principe de recrutement est simple : un candidat doit être évalué uniquement sur ses compétences, son expérience et ses qualifications en lien avec le poste proposé. Toute autre considération est non seulement non professionnelle, mais aussi illégale.
La loi définit une liste de 25 critères de discrimination. Il est formellement interdit de poser des questions relatives à :
- L'origine, l'appartenance à une ethnie ou une nation
- Le sexe, l'identité de genre ou l'orientation sexuelle
- La situation de famille ou la grossesse
- L'âge
- Les opinions politiques ou les activités syndicales
- Les convictions religieuses
- L'état de santé ou le handicap
- L'apparence physique
Concrètement, des questions comme "Envisagez-vous d'avoir des enfants ?", "Êtes-vous en couple ?", "Pratiquez-vous une religion ?" ou encore "Pour qui avez-vous voté ?" sont totalement interdites en entretien.
Comment réagir ? 4 conseils pratiques pour votre enfant
Savoir que la loi est de son côté, c'est bien. Savoir comment réagir concrètement, c'est encore mieux. Voici une boîte à outils simple à partager avec votre jeune pour l'aider à gérer une question déplacée ou illégale.
1. Rester calme et questionner la pertinence
La meilleure première réaction n'est pas le conflit, mais l'interrogation polie. Face à une question qui semble hors sujet, il peut simplement demander : "Pourriez-vous m'expliquer en quoi cette information est importante pour les missions du poste ?". Cette simple question a souvent pour effet de mettre en lumière le caractère inapproprié de la demande et de mettre fin à la discussion sur ce terrain.
2. Le droit de ne pas répondre
Votre enfant a tout à fait le droit de refuser de répondre. Une phrase courtoise suffit : "Je ne souhaite pas répondre à cette question, qui me semble relever de ma vie privée. Je préférerais que nous nous concentrions sur mes compétences pour ce poste." C'est une façon ferme et professionnelle de recadrer l'échange.
3. Connaître le "droit de mentir"
C'est un point de droit peu connu mais essentiel : un candidat ne peut pas être sanctionné pour avoir menti en réponse à une question illégale portant sur sa vie privée. Si votre enfant se sent acculé et choisit de donner une réponse qui n'est pas la vérité pour se protéger, la loi le protège.
4. Tirer ses propres conclusions sur l'entreprise
Enfin, une question illégale en entretien est un immense signal d'alarme sur la culture de l'entreprise. C'est une information précieuse pour votre enfant ! Est-ce qu'il ou elle a vraiment envie de travailler dans un environnement qui ne respecte pas la loi et la vie privée de ses collaborateurs ? L'entretien d'embauche est aussi fait pour que le candidat évalue l'entreprise.
Notre conseil Bilan Orientation
Discutez de ce sujet avec votre adolescent. Faites une petite simulation d'entretien en y glissant une ou two questions pièges pour l'entraîner à réagir. L'objectif n'est pas de créer de la méfiance, mais de bâtir de la confiance. Un candidat préparé est un candidat plus serein, capable de mettre en avant le meilleur de lui-même : ses talents et sa motivation.