Une actualité qui doit vous alerter
« Une forme d’orientation par l’échec ». Ces mots, prononcés par le président de la grande Université de Bordeaux, peuvent faire peur. Derrière cette interview technique sur les budgets universitaires se cache une réalité qui concerne directement votre enfant : la sélection à l'entrée de l'université est en train de se durcir. Mais pas de panique ! En tant qu'experts de l'orientation, nous sommes là pour décrypter cette tendance et vous donner des clés concrètes pour aborder Parcoursup sereinement.
Comprendre le concept d'« orientation par l'échec »
Pendant des années, certaines filières universitaires très demandées, comme le Droit ou la première année de Médecine (PASS/LAS), ont fonctionné sur un principe simple mais redoutable : accueillir un très grand nombre d'étudiants en première année, tout en sachant pertinemment que les capacités d'accueil dans les années supérieures sont bien plus faibles. Le résultat ? Une compétition féroce et un taux d'échec très élevé en fin de L1. C'est ce qu'on appelle l'« orientation par l'échec » : le tri ne se fait pas à l'entrée, mais à la fin de la première année.
Pour les étudiants, les conséquences sont souvent difficiles :
- Une année de perdue : Un sentiment d'échec et la nécessité de se réorienter.
- Une perte de confiance : Douter de ses capacités après avoir fourni d'énormes efforts.
- Un stress immense : Une première année vécue non pas comme une découverte, mais comme un concours permanent.
Pourquoi les universités veulent-elles changer ce système ?
Le président de l'Université de Bordeaux, comme beaucoup de ses homologues, tire la sonnette d'alarme pour une raison simple : les contraintes budgétaires. L'État ne compense plus toutes les dépenses, et les universités n'ont plus les moyens d'encadrer correctement des promotions de première année surchargées.
Plutôt que de continuer à gérer cet « échec organisé » qui coûte cher et démoralise les étudiants, la tendance est claire : mieux sélectionner en amont, via Parcoursup, pour garantir un meilleur taux de réussite. En demandant une baisse des effectifs dans certaines filières, les universités ne cherchent pas à devenir plus élitistes, mais plus réalistes et plus efficaces dans l'accompagnement de leurs étudiants.
Quel impact concret pour votre enfant sur Parcoursup ?
Cette évolution signifie que la sélection sur dossier va devenir encore plus stratégique. Voici les points sur lesquels vous devez être particulièrement vigilants avec votre enfant :
- Soigner le dossier scolaire : Les notes de Première et de Terminale, ainsi que les appréciations des professeurs, sont le premier critère. La régularité et l'investissement sont des signaux très positifs pour les commissions d'examen des vœux.
- Le projet de formation motivé est crucial : Ce n'est pas une simple lettre de motivation. Votre enfant doit y démontrer qu'il a compris les attendus de la formation, qu'il s'est renseigné sur les débouchés et que son projet est cohérent. C'est sa chance de se démarquer !
- Anticiper et diversifier les vœux : Il est indispensable de ne pas tout miser sur une seule formation ultra-sélective. Encouragez votre enfant à explorer des voies alternatives (BUT, Licences dans des universités moins demandées, doubles licences...) qui peuvent s'avérer tout aussi passionnantes et formatrices.
- Valoriser les activités extrascolaires : Un engagement associatif, un projet personnel, un stage... Tout ce qui montre la curiosité et la maturité de votre enfant peut faire la différence dans la section "Activités et centres d'intérêt".
En conclusion, cette actualité ne doit pas être une source d'angoisse, mais un appel à l'action. L'époque où l'on pouvait "tenter sa chance" dans une filière sans véritable préparation est révolue. Plus que jamais, une orientation bien réfléchie et un dossier Parcoursup solide sont les meilleures garanties pour que votre enfant s'épanouisse dans les études supérieures qu'il aura choisies, et non subies.